Alors je viens de finir Comment voyager avec un saumon d'Umberto Eco et En attendant l'année derniere de P K Dick.
Je me relis L'Herne sur Lovecraft et ensuite j'attaque Nationalistes et nationaux (1870-1940) d'Henri Guillemin.
Tout le monde devrait lire Henri Guillemin, mais bon c'est pas vraiment ce qu'on apprends à l'école ou meme en fac d'histoire.
Ca donne une autre vision de l'histoire.
Les classes dirigeantes étaient, nous montre Henri Guillemin, pacifistes de 1871 à 1888 environ, chauvines ensuite pendant quelque cinquante ans, pour redevenir à partir de 1936 surtout, férues de paix à outrance, et tout cela dans le constant et unique souci de sauvegarder leurs privilèges.
un livre passionnant qui embrasse soixante-quinze ans de l'histoire de la France.
Par contre pour trouver ses livres faut s'accrocher.
Petite biographie de cet auteur incontournable
"Henri Guillemin laisse un nom qu'aucun historien de la France contemporaine ne peut ignorer", tel était le jugement que portait René Rémond dans "Le Monde", saluant "une oeuvre qui s'impose à l'attention en dépit - ou à cause, qui sait ? - de ses partis pris". Bertrand Poirot-Delpech voyait en Guillemin "un empêcheur de mystifier en rond".
Qui était donc cet écrivain prolifique (80 titres) et infatigablement non-conformiste, dont les audaces lui valurent d'être presque jusqu'à sa mort proscrit des ondes françaises, alors qu'en Suisse et Belgique tout le monde se souvient de ses émissions passionnantes ? Il avait en effet le rare don de susciter l'intétêt, tant il était ardent dans ses démonstrations, si austères que fussent parfois ses sujets. On l'a accusé d'avoir jeté à bas la gloire de certains "grands hommes" dont il est de bon ton de ne retenir que les mérites : Voltaire, Napoléon, Benjamin Constant ou Alfred de Vigny. Bonaparte ? un aventurier qui mit l'Europe à sang et à feu. L'auteur de "La Mort du Loup", Vigny ? Un grand poète certes, mais qui s'abaissait à dénoncer à la police impériale ses compatriotes mal pensants (et gênants pour lui). Péguy ? Chantre admirable; hélas ! traînant sa plume lyrique dans l'ordure, il lui arriva d'appeler de ses voeux la mise à mort de Jean Jaurès, son ami de la veille, et de tourner en dérision avec cruauté Romain Rolland, son bienfaiteur. D'irrévérencieuses révélations qui suscitèrent contre leur auteur d'inexorables haines. Pourtant, ce "procureur des lettres" (dixit ses ennemis), plus qu'un accusateur fut davantage l'avocat des mal connus. Il a pris la défense de J.-J. Rousseau dénigré; réhabilité Lamartine que la critique convenable entendait réduire au rôle de "mandoliniste"; insisté sur le courage, la générosité de Victor Hugo, l'héroïsme de Zola renonçant à sa tranquillité pour défendre Dreyfus, ce à quoi rien ne l'obligeait, sinon cette "réquisition" morale dont parle Guillemin. Enfin, chrétien fervent, Guillemin a évoqué la personnalité de Jésus comme il croyait qu'elle fut et le message que le Christ adressa au monde; là encore sa sincérité violente et son aversion pour les conventions dressèrent contre lui les critiques timides et les dévots. Né le 19 mars 1903 à Mâcon, 57 rue Lacretelle, Henri Guillemin a été élève du lycée Lamartine de cette ville, puis du lycée du Parc à Lyon et enfin de la prestigieuse École Normale supérieure, où il fut le commensal de Sartre - ils restèrent bons amis - de Nizan et de Jean Guitton. Il fut le disciple et le secrétaire de Marc Sangnier, fondateur du Sillon, mouvement chrétien social. Une amitié très grande liait Guillemin à François Mauriac. Il eut de fréquents entretiens avec Claudel, à qui il consacra de nombreuses pages. Après avoir enseigné dans différentes villes de province, dont Lyon, il fut nommé professeur au Caire puis à Bordeaux qu'il dut quitter en 1942 pour échapper à la police de Vichy et se réfugier en Suisse. La guerre finie, il devint attaché culturel à l'ambassade de France à Berne, où il restera jusqu'en 1962. Fidéle à sa ville natale, à laquelle il réservait toujours la primeur de ses nombreuses conférences, en 1960, il vint s'installer à Chissey-lès-Mâcon où il résidait une grande partie de l'année, passant l'hiver à Neuchâtel où il s'est éteint le 4 mai 1992, abordant au rivage inconnu sur lequel il s'était si passionnément interrogé.

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La picote! C'est une terrible sensation qui fait tourner la tête et flageoler les jambes!
C'est un puissant présage de mauvaises choses à venir!