Je suis bien d'accord...
From heuuu,
un gars super anonyme.
Bon, fatalement tout ça va sembler un peu obscur à pas mal de gens qui ne connaissent pas le milieu de la presse, alors avant que ça parte en troll précisons un brin. La relation entre un éditeur et les mags est particulière. Les mags ont besoin de contenu, d’infos fraîches qui vont donner aux lecteurs envie de débourser leurs brouzoufs. Les éditeurs de l’autre côté font des produits et ils ont besoin d’une vitrine pour les montrer, avec si possible des gens qui vont donner un avis critique sur leur produit quand il est bon, ça permet d’en vendre plus, de rester crédible et surtout de durer (parfois, mais c’est un long débat dans lequel on va pas rentrer). C’est une symbiose, donc, éditeurs et mags sont interdépendants. Dans le meilleur des mondes, les éditeurs et les mags ont un poids identique, personne n’a d’ego surdimensionné ni ne recours à des méthodes dignes d’un gamin de 4 ans. Jusqu’il y’a quelques années, la relation marchait assez bien. Avant l’arrivée du Web. Attention encore une fois, l’idée n’est pas de pleurer sur le sort des mags papiers mais d’essayer de vous faire comprendre les dessous de l’histoire.
Avec le Web, ce sont les sites de news qui ont la côte. Ils ont inventé un nouveau metier : le paraphrasage. L’idée n’est plus de créer de l’info (le job d’un journaliste) mais de réécrire ou de traduire une news qu’ils ont trouvé ailleurs pour faire des hits sur leur site, vendre de la pub, linker leur comparateur de prix et spammer Google. Non, bien sur ils ne sont pas tous identiques, il y’en a des pires, d’autres mieux. Et il y’a aussi des sites qui font bien leur boulot mais à qui on reproche souvent de ne pas avoir « assez » de contenu (dans le matos on va dire, au hasard, hardware.fr). Au final, beaucoup de gens préfèrent lire plus d’informations, même si elles ne sont pas vérifiées ou fausses, que d’en lire moins mais de qualité. Quand on voit les progressions en hits de certains sites qui arrivent à s’auto contredire trois fois dans la même journée parce que chaque « newseur » fait son taf dans son coin et que personne ne relit avant la publication, ça ne fait pas de doute. Certains pensent même que tout ce qu’ils y lisent est vrai. Jusqu’au jour où on leur prouve le contraire. Bref, je sais, on s’éloigne du sujet mais c’est important de poser ça avant d’aller plus loin.
Parce que voilà, le Web est devenu un média. Dans lequel il n’y a pas les mêmes règles que dans la presse papier. Il vient donc jouer dans la balance, dans le rapport avec les éditeurs. Et contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ils ne viennent pas se placer à côté de leurs collègues des magazines papiers : ils se placent à part. On pourrait avoir un long débat de savoir à qui la faute, encore une fois ce n’est pas la question. Le fait est que désormais, l’éditeur à deux groupes d’interlocuteurs distincts, et il va s’en servir à son avantage. Parfois en s’arrangeant pour que le papier et le Web s’opposent, parfois en forçant des compromis toujours plus importants en sachant que, de toute façon, le Web dira toujours oui.
Cela à changé les règles dans les signatures de NDA, avant personne n’y coupait. Mais au fil du temps, il y a des exceptions, certains sites web qu’on exempt, parce que bon, ils vous font beaucoup de bonne pub. Résultat, vous signez un NDA, vous assistez à une présentation et un certain site Web s’amuse à mettre en live les slides de ce que vous venez de voir (the inquirer ?). Quand vous bossez dans la presse papier, ça vous fait rire, et de toute façon vous vous en moquez parce que vos dates de publications sont fixes, et que vous n’allez pas les avancer pour contrer un site web. Par contre, quand vous travaillez sur un site Web, que vous avez signé un papier qui dit que vous ne pouvez pas en parler avant une semaine et que, ironiquement, ceux qui n’étaient pas invités à la conférence ont le droit d’en parler… Ca fait tâche. D’autant qu’ils n’engagent pas que le journaliste, ils engagent souvent (artificiellement vu que c’est souvent le journaliste qui les signe) la publication. Et que si un de vos collègue à le malheur de publier une news en citant le leaker en question (leak totalement autorisée, faut il le rappeler), on se fait taper sur les doigts… Enfin pas moi, eux
Alors forcément, des pétages de NDA en règle, j’en ai vu des tas. Mais là franchement, l’éditeur qui s’auto pète, on frise les limites de la stupidité. Non seulement ceux qui ont signé le NDA passent pour des truffes, contractuellement ils sont toujours obligés de se tenir à ce qui est marqué sur le bout de papier, mais en prime, même s’ils voulaient être réactifs, ils ne peuvent pas l’être, matériellement. Si on décide qu’aucun Joy ne tombera dans les mains de quiconque avant le 29, on ne va pas appeler les distributeurs la veille pour tout changer. Bien sur, quand on est un site Web, c’est plus facile d’être flexible et de « publier » avant.
Créer du hype, c’est bien, faire du teasing sur le Web, good. Mais quand on signe un contrat avec des mags (et des sites webs) pour mieux les fister après coup, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils écartent les fesses à nouveau.