De mon côté j'adorerais finir enfin par détester un film d'Aronofsky. Bon allez, j'ai pas trop aimé Pi, mais depuis la claque de The Fountain, j'en prends une plus grande à chaque fois que je vois un de ses films.
Et pourtant ils sont maladroits, casse-gueule, ampoulés souvent mais à chaque fois, bien que je mette mon côté fanboy au repos en y allant, j'en ressors époustouflé. Et pourtant, j'ai à chaque fois un mal fou à recommander ses films, tellement ils sont particuliers. Et ça ça m'énerve au plus haut point ! Si j'exhorte mes potes à aller voir Black Swan, la moitié va me jeter des pierres, l'autre moitié me remercier pour le reste de l'année... Y a pas de juste milieu.
Il m'énerve Daren pour ça, il m'énerve
Mais sinon, donc, Black Swan :
J'ai vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup aimé (oui, 3x beaucoup). L'histoire est noire à souhaits, à la fois simple et pourtant complexe. Le casting est une réussite sur toute la ligne. Vincent Cassel est super crédible en metteur en scène exigeant en quête de sa perfection, la mère de Natalie Portman est fantastique, on ressent l'influence qu'elle a sur sa fille. Quant à Natalie Portman, elle est fabuleuse. Aucun doute là-dessus. La performance d'actrice, autant techniquement en ce qui concerne la danse qu'émotionnellement pour transmettre la folie paranoïaque qui habite son rôle est de haute volée.
Le travail sur les éclairages est fameux, le film use finalement très peu de couleur, ce qui est raccord avec l'histoire. La réalisation, elle, est digne d'un Aronofsky au sommet de son art. La caméra virevolte autour de Portman pendant les scènes de danse, s'arrête, repart, nous donne le tournis, joue à cache-cache avec nous, tout ça est très parlant.
D'ailleurs en y repensant, je n'arrive pas à trouver une scène dans laquelle Natalie Portman n'est pas. Il me semble qu'elle est dans toutes les scènes, et presque sur tous les plans. Ca participe je pense à nous rapprocher d'elle, et ça marche à mort.
Quant à la musique... Elle magnifie le tout. La puissance évocatrice du Lac des Cygnes est formidable. Les 20 dernières minutes voient la musique ne jamais s'arrêter ou presque, et livrent une dernière partie de film échevelée, ébouriffante. A ne pas rater non plus l'ouverture du film, assez dérangeante.
Coup de coeur du début d'année pour moi. Daren, en attendant d'aimer te détester, je déteste t'aimer ! Enfin, je me comprends