House Of Leaves, premier roman de Mark Z. Danielewski, publié en 2000 est unique en son genre. aussi bien par l'histoire, l'écriture ou tout simplement, la mise en page.
Le qualificatif le plus simple : labyrinthique.
Johnny Truant bosse dans un salon de tatouage de LA et passe la plupart de ses nuits avec son ami/wingman Lude, à se saouler, se défoncer à la coke et aux ecstas, à multiplier les coups d'un soir.
Il se sert souvent de deux grandes cicatrices sur ses bras et de sa dent cassée comme support pour draguer, en racontant des histoires incroyables, s'inventant un passé de boxeur clandestin, de trafiquant d'oiseaux rares.
Un jour, le vieil homme voisin de Lude, un reclus du nom de Zampanò, meurt. En fouillant son appartement, Lude et Johnny découvrent que le vieil homme avait calfeutré toutes ses fenêtres, mis de multiples chaînes à sa porte et qu'il a éparpillé dans l'appartement une quantité impressionnante d'écrits, sur les murs, des enveloppes, des feuilles volantes. Johnny, curieux, les emporte, puis se met à les assembler. Il découvre que Zampanò a en fait écrit un livre : The Navidson Record, sensé être une étude sur un film obscur publié par Miramax en 1993.
Il l'étudie, ajoute ses notes, le fait publier, mais le manuscrit influe son comportement de façon surprenante.
The Navidson Record raconte l'histoire d'un photographe mondialement connu, Will Navidson, et de sa famille ; emménageant dans une maison sur Ash Tree Lane, quelque part en Virginie. Peu de temps après leur emménagement, des choses étranges commencent à se produire, comme l'apparition d'une porte supplémentaire dans leur chambre donnant sur...un placard ; ou le fait que la maison soit plus grande d'un quart de pouce à l'intérieur qu'a l'extérieur.
House Of Leaves est donc un livre contenant un livre qui étudie un film qui n'existe pas. Plutôt déstabilisant non ? Les notes de bas de pages s'emboitent, se succèdent parfois sur plusieurs pages, les références à d'autres ouvrages sont parfois (souvent ?) fausses. La narration bascule régulièrement entre les notes de Johnny Truant, racontant ses histoires (dans un style très Brett Easton Ellis),
au livre de Zampanò, qui est à la fois une analyse du film, de la façon dont un média peut être déterminé comme une supercherie ou non, et un moyen de faire avancer l'étrange histoire de Will Navidson.
Quand à la mise en page, je vous laisse juges avec deux petits exemples :


L'ensemble du roman donne une sensation de claustrophobie, de paranoïa, et les influences de Poe ou Lovecraft se font grandement sentir. Les notes de bas de page sont parfois des listes sans fins de données inutiles, parfois des solutions à un code caché dans le texte, parfois juste dérangeantes.
Le livre a été traduit en plusieurs langues, en français sous le nom *La maison des feuilles*. Cependant lisez la VO dans la mesure du possible, c'est elle qui retransmet le mieux l'essence de l'œuvre.
De plus, la version couleur est vraiment un must.
Avez vous lu ce livre ? Si oui, qu'en pensez vous ? Sinon, ça vous donne envie ?
D'autres œuvres à conseiller où la relation entre le fond et la forme est aussi étroite ?









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