
Jusqu’ici, j’avais tenu bon. Tel le village Gaulois de la célèbre bande-dessinée, je refusais de me faire assimiler par la mouvance des Smartphones et m’accrochais de toutes mes forces à mon bon vieux portable antédiluvien. Certes, à part passer des appels et envoyer des textos, il ne faisait pas grand-chose d’autre. Mais ça me suffisait largement. Twitter dans le métro ? Pour quoi faire ? Lire son wall Facebook aux chiottes ? Ne me faites pas rire. Partager les dernières conneries Youtube avec ses potes en terrasse d’un resto ? Non, vraiment, sans façon.
Et puis, j’ai vu la lumière...
Ça, c’était avant que Caféine, fidèle à sa réputation de VRP surpuissant, ne me glisse le Samsung Galaxy S2 dans les mains, un sourire malicieux au coin des lèvres.
« Tiens, essaie ça à la place de ton truc steampunk, et quand t’auras fini de faire mumuse, tu me le ramènes. »
Aucun doute, le bougre savait ce qu’il ce qu’il faisait. Parce qu’aujourd’hui, je ruse de toutes les manières humainement possibles pour ne pas avoir à lui restituer la bête. J’ai arrêté de répondre à ses appels, je ne lis même plus ses emails, en d’autres mots, je fais le mort.
C’est qu’on s’attache à ces petites bestioles
Cherry-popper
Android 2.3.3 avec la surcouche TouchWiz 4.0 de Samsung, processeur dual core cadencé à 1,2 GHz, 1 gigot de RAM, 16 gigots de stockage, un écran AMOLED qui envoie du lourd, full HD 1080p, GPS, accéléromètre, gyroscope, détecteur de lumière, de proximité, boussole, Bluetooth, WiFi, etc. Je m’arrête là parce que je sens poindre comme une légère érection. Mais vous l’avez compris, sur le papier, l’animal a tout pour plaire.

C'est beau, mais ça me rappelle furieusement quelque chose...
Bon, on ne va pas se mentir, dans les faits, tout est très largement inspiré de l’iPhone. Pas étonnant d’ailleurs que Steve Jobs l’ait un peu mauvaise : de la présentation des applis jusqu’au touch screen, il ne lui manque que la pomme au dos et un demi-centimètre d’épaisseur en plus pour que la confusion soit totale. Hin hin hin, je trolle si je veux.
L’avis du profane
Franchement, après deux semaines d’utilisation et pour quelqu’un qui n’avait jamais touché à ce genre d’appareil avant, je suis complètement sous le charme. L’interface est réactive et les applis couvrent largement mes besoins quotidiens : Plume pour le client Twitter, une appli Facebook, Soundcloud et G+, une intégration totale avec mon compte Google pour gérer mails, contacts et agenda, des jeux rigolos (dont les classiques et incontournables Cut The Rope et Angry Birds), un lecteur vidéo qui défonce, un lecteur de comics (ACV) sans oublier l’excellente application Google Maps qui va me permettre de pallier enfin mon désastreux sens de l’orientation. Il y a même un client SABnzbd pour ceux qui veulent surveiller le téléchargement de leurs ISO Linux.

Plume, le client Twitter qui donne des ailes.
Un téléphone de nerd
Qui plus est, le Galaxy S2, comme tout téléphone Android qui se respecte, est « moddable » et « bidouillable » à l’envi. Ce qui risque d’être un tantinet casse-bonbon pour qui rêve d’un appareil qui fonctionne « out of the box » se révèle être un véritable bonheur pour quelqu’un comme moi qui aime bien configurer ses joujoux jusque dans les moindres détails.
Au rayon des incongruités, on notera toutefois quelques petits trucs qui agacent. Tout d’abord, l’absence de cohérence fait tache, aussi bien esthétique qu’au niveau du software. Liez votre compte Google avec le client Gmail, inscrivez-vous sur le Social Hub de Samsung, et vous voilà parti pour recevoir vos notifications en double. Alors, oui, ça se paramètre assez facilement en désactivant l’une ou l’autre appli, mais il est dommage de constater que ce comportement ne soit pas réglé par défaut. Sans oublier la redondance de contenus entre le store Samsung Apps et l'Android Market, tout ça fleure un peu le foutoir qui risque de rendre cinglés les psycho-rigides dans mon genre.
Joli, moche, joli, moche... Décidez-vous à la fin.
Et quel bordel au niveau des interfaces ! Les différentes interactions ont rarement le même effet d’une appli à l’autre, il faut à chaque fois tout réapprendre et surtout, le look des applis varie de « super bien intégré » à « mais qu’est-ce que c’est que cette horreur ». Et au final, ce manque flagrant de cohérence ne fait pas très sérieux, surtout comparé à ce que propose iOS.
Enfin, notons que l’autonomie est vraiment limite si on fait un usage intensif de l’appareil. Prévoyez de recharger l’engin tous les jours, surtout si vous sollicitez souvent le WiFi. C'est malheureusement le prix à payer pour conserver une taille de guêpe.
Mais tu peux toujours courir, Caf, je le garde quand même
Malgré tout ce qu’on peut lui reprocher, le bébé de Samsung tient quand même la dragée haute à tous ses petits camarades Smartphones. Et pour une première incursion dans l’univers magique des téléphones 2.0, je suis plus que conquis. Je suis presque amoureux. Tout n’est pas parfait, loin s’en faut, mais pour être parvenu à me faire lâcher mon vieux Nokia anachronique, le S2 mérite largement qu’on s’y intéresse.
Think different, ou comment avoir un (quasi-)iPhone sans céder aux sirènes d’Apple. Maintenant, grouillez-vous d’en acheter un. Parce que parti comme c’est, Steve va réussir à l’interdire à la vente et en faire un objet de collection. Et ce serait bien dommage…









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