La conscience est une hallucination du cerveau

Je profite d’un peu de calme dans l’actu pour vous partager ce TED Talk mis de côté il y a quelques mois : une petite quinzaine de minutes passionnantes, durant lesquelles le neuroscientifique Anil Seth fait le tour d’une notion parfois difficile à appréhender : la conscience.

Bon, OK, je vous ai spoilé la réponse dans le titre : pour Seth, la conscience est une hallucination, tout comme la réalité qui nous entoure.

Nous ne faisons pas que percevoir le monde passivement; nous le générons activement. Le monde que nous expérimentons provient autant de l’intérieur que de l’extérieur. En réalité, nous sommes tous en train d’halluciner en permanence. Et quand nous sommes au diapason sur nos hallucinations, nous appelons ça la « réalité ».

Pour ceux qui s’intéressent un peu aux sciences cognitives, rien de bien neuf ici : l’idée, c’est que la « réalité » telle que nous la percevons est le résultat d’une estimation de notre cerveau, approximation faite sur base des stimuli qu’il reçoit et de ses attentes (forgées sur des expériences antérieures). Cette « dissonance » entre ce qui est réel et la manière dont on la perçoit, on peut facilement la mettre en évidence via des illusions d’optique ou auditives, comme le démontre Seth dans sa mini-conférence.

Quant à la conscience, pour le scientifique, c’est pareil : il s’agit également d’une « hallucination » du cerveau, reposant à la fois sur une interprétation de la réalité et sur l’expérience, et dont l’utilité première est tout simplement de nous maintenir en vie. Un concept qu’il est difficile de réduire à des algorithmes, ce qui selon Seth explique qu’on soit encore très loin d’une véritable intelligence artificielle dotée de conscience.

Nous sommes des animaux biologiques, dont les expériences sont façonnées par un instinct fondamental de survie. Rendre les ordinateurs plus intelligents ne va pas les rendre conscients.

Food for thoughts, comme on dit, en attendant le prochain épisode de Ramène Ta Science, qui plongera justement dans le sujet complexe de l’Intelligence Artificielle…

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Commentaires
  1. De toute facon c’est normal que la realité soit une hallucination quand tu vois que par la parole ou des evenements tu peux en changer la perception.

    C’est juste un input que le cerveau traite et retranscrit.

    La conscience aussi , il suffit de quelques input pour que quelqu’un se prenne pour autre chose ou change sa conscience.

    On peut facilement changer les gens en autre chose sans trop de probleme ou leur donner une autre conscience ou la couper aussi.

  2. Comme tu résumes très bien la vidéo, je trouve finalement qu’elle n’a pas beaucoup d’intérêt :slight_smile:

    En fait, je suis un peu déçu. J’espérais une réflexion sur notre “Moi”. Est-ce que le Moi est une hallucination ? :smiley:

    Je me pose la question car il n’y a pas très longtemps, une étude aurait démontré que les choix que l’on pense prendre consciemment ne le sont pas en réalité (on a en juste la sensation)

  3. Oui, il y a une branche des neurosciences qui postule que nos choix et actions suivent un modèle déterministe produit inéluctablement par les réactions physiques et biologiques de notre cerveau, et que notre conscience est un outil qui sert à nous justifier ces “choix” a posteriori.

    Sans remettre autant en cause notre libre arbitre, il y a une autre théorie de neuroscience que j’aime beaucoup, selon laquelle nous avons tous une deuxième conscience, mais qui ne dispose pas de structure biologique pour s’exprimer.

  4. En même temps c’est jouer sur les mots finalement. Parce que tant qu’on n’aura pas une définition précise de “conscience” autre que “ce qui nous rend humain”, bah on peut dire ce qu’on veut d’elle.

    Pour moi, une définition de la conscience ça peut parfaitement être ça : "la conscience, c’est l’ensemble des stimulis physiques et chimiques produit par le cerveau".
    Avec cette définition bah oui, du coup c’est déterministe. Mais qu’est-ce que ça change au libre arbitre ? Rien du tout. Par définition donc, mon libre arbitre vient de ces réactions physiques et chimiques.

    C’est pareil dans la conférence du gars : qu’est-ce qu’il entend par “hallucinations” ? “Réalité” ? “Libre arbitre” ? “Conscience” ? etc.

    Pour moi ces problèmes sont plus de l’ordre du langage lui même. En gros, pour moi, ces questions relèvent simplement de la définition sur laquelle on s’accordera pour le mot “conscience”.

  5. Tout.

    Si tes actions ne sont que la pure conséquence d’une réaction en chaîne, souvent initiée par un stimuli externe puis propagée de neurones en synapses (vision mécaniste/déterministe du cerveau) alors “tu” (ta conscience) n’a pas ton mot à dire dans cette réaction purement physique. Au mieux elle essaye de t’expliquer a posteriori pourquoi c’était un bon choix.

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